28 septembre 2021 à 11h05
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Formation des salariés et des demandeurs d'emploi : un nouveau plan d'aides pour les entreprises

Formation des salariés et des demandeurs d'emploi : un nouveau plan d'aides pour les entreprises

Le 27 septembre 2021, le gouvernement a présenté son plan pour répondre aux tensions de recrutement et renforcer les compétences des salariés et des demandeurs d’emploi, face à une forte reprise de l’activité économique. Au total, 1,4 milliard d’euros seront débloqués en 2021 et 2022. Du FNE-formation au contrat de professionnalisation et à la préparation optionnelle à l’emploi, en passant par Transitions collectives, de nombreux dispositifs sont mobilisés.

Source : Plan de réduction des tensions de recrutement, 27 septembre 2021 ; https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/dp_plan_reduction_tensions_recrutement.pdf
Par la rédaction Revue Fiduciaire

600 millions d’euros pour former les salariés via le FNE-formation

Le gouvernement a annoncé une rallonge de 600 millions d’€ des crédits du FNE-formation, notamment dans le souci de répondre aux besoins de formation des salariés des entreprises de 50 à 300 salariés, lesquelles ne bénéficient pas des fonds mutualisés de la formation professionnelle (réservés aux entreprises de moins de 50 salariés).

Ces crédits doivent permettre de former 350 000 salariés au moyen de :

  • 300 000 formations « courtes » de 40 heures en moyenne, pour des parcours de développement des compétences répondant aux enjeux immédiats de reprise particulièrement ciblés pour les TPE–PME ;
  • 50 000 formations « longues » de 400 heures en moyenne, pour des parcours de reconversion ou de transition visant l’obtention d’une qualification professionnelle.

240 millions d’euros de prime à l’embauche en contrat de professionnalisation « adulte »

Une aide à l’embauche en contrat de professionnalisation des demandeurs d’emploi de longue durée va être mise en place en 2022.

Ainsi, une prime de 8 000 € sera accordée aux employeurs qui embaucheront en contrat de professionnalisation :

  • un demandeur d’emploi de longue durée (au chômage depuis au moins un an) ;
  • âgé de plus de 30 ans ;
  • afin de viser une certification reconnue au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou un certificat de qualification professionnelle (CQP) de branche (les contrats de professionnalisation qui ne débouchent pas sur ces certifications ne seront pas éligibles à la prime).

La prime sera versée la première année d’exécution du contrat.

Le gouvernement table sur 40 000 contrats de professionnalisation signés en 2022, contre 30 000 en 2019.

À noter : il existe également une aide exceptionnelle au contrat de professionnalisation « jeunes » de 5 000 € pour les jeunes de moins de 18 ans et de 8 000 € pour les jeunes de 18 à 29 ans révolus, qui sera prolongée jusqu’au 30 juin 2022 (voir notre actualité du 7 septembre 2021).

560 millions d’euros pour la formation des demandeurs d’emploi

Le gouvernement souhaite financer de nouvelles actions de formation pour les demandeurs d’emploi, ciblées vers les métiers en tension et en privilégiant la formation en situation de travail en entreprise, avec pour objectifs chiffrés :

  • + 15 000 actions de formation associées à une promesse d’embauche, sous la forme d’une formation préalable au recrutement (AFPR) ou de la préparation opérationnelle à l’emploi (POE-I) ;
  • + 50 000 actions de formation via les pactes régionaux d’investissement dans les compétences ;
  • + 5000 actions de formation ciblées sur les métiers en tension de recrutement récurrente (comme dans la construction ou l’industrie).

D’autres actions visant plus spécifiquement les demandeurs d’emploi de longue durée et de très longue durée (au chômage depuis au moins 2 ans) seront mises en œuvre.

Le dispositif « Transco » va être simplifié

Afin de faciliter la reconversion professionnelle des salariés, le dispositif Transitions collectives (dit « Transco ») sera simplifié pour le rendre plus accessible aux PME.

Rappelons que ce dispositif, lancé en 2021, permet à un employeur de proposer à des salariés volontaires, dont l'emploi est fragilisé, de se former pour se reconvertir sur un métier porteur localement. L’État finance le parcours de reconversion (frais de formation, rémunération, etc.), avec un reste à charge pour les entreprises d’au moins 300 salariés.

Mais force est de constater que les entreprises ne se sont pas emparées de ce nouvel outil, jugé trop complexe et compliqué à mettre en œuvre. Pour cette raison, le gouvernement a annoncé plusieurs aménagements :

  • dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’employeur n’aura plus à passer par un accord de type GEPP pour lister les emplois fragilisés dans son entreprise, une simple consultation préalable du comité social et économique suffira ;
  • pour répondre à davantage de situations, le dispositif pourra être mobilisé dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective (RCC) ;
  • un réseau local de délégués à l’accompagnement des reconversions professionnelles sera mis en place aider les entreprises, notamment dans leurs démarches administratives, et coordonner tous les acteurs impliqués (Opco, Associations Transitions Pro, etc).

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